Clémentine P.
Dessinatrice polyvalente, je vis et travaille en région parisienne.
Mon travail se concentre principalement sur des paysages transitoires, des structures en perpétuelle mutation.
Ces deux dernières années, je me suis intéressée principalement aux friches industrielles comme des architectures en suspens, des espaces transitoires où tout semble arrêté pour un moment, suspendu dans le temps.
J'essaie de traduire en quoi les friches sont des espaces d'incertitude, des lieux interstitiels, en rupture avec la société urbaine, productiviste et contrôlante, où chaque espace a une fonction bien définie.
Le noir et blanc, dans mon travail de dessin, renvoie à un abandon conscient et volontaire de la couleur. J'essaie de dépouiller le dessin de ses détails anecdotiques, de le dépouiller de sa couleur, pour que l'essentiel ne soit pas dans les détails ou dans la couleur, pour qu'il soit ailleurs, suggéré par l'enchevêtrement des pleins et des vides, les silences et les rythmes du dessin.
Des collaborations m'ont permis d'appréhender le monde du spectacle vivant et d'envisager le dessin dans sa dimension spatiale et interactive. L'introduction de nouveaux médiums tels la vidéo-projection et l'animation numérique utilisés conjointement au dessin se cristallisent aujourd'hui en un travail multidisciplinaire.
"Bâtiments industriels, réseaux de communication, dispositifs de production sont autant de sujets abordés par Clémentine P.
Sur la base de dessins, de photographies et d'éléments graphiques elle éprouve la possibilité des formes et la représentation de notre monde en train de se défaire. Ce n'est pas sans une certaine nostalgie ou poésie qu'elle dresse la cartographie d'un territoire bruyant et halluciné, hanté par les fantômes d'un projet industriel finissant.
Si le dessin est premier, sa présentation passe par des dispositifs électroniques de vidéo-projection couplé à des recherches sonores. Ici le dessin s'anime, se fixe, se reprend et désigne l'obsédante métamorphoses des formes."— Vic Kirilove